GIS
Fanny Taurines
Un jeune homme entre dans le jardin public de sa ville.
Emporté par le bonheur de l'instant (il fait beau, sa journée de travail est terminée, il y a foot, le soir, à la télé …), le jeune homme se met à trottiner.
Et dépasse un des lions chargés d'assurer la sécurité du jardin.
Il ne fallait pas courir…
Tout en lui, pourtant, refusait cette issue. Pas seulement à cause de la peur de mourir. D'ailleurs, Adam n'avait plus vraiment peur. Le mineur enterré dans une galerie éboulée, une fois conscient de son enfermement, organise avec méthode –s'il ne devient pas fou– le peu d'air, d'eau, de pain et d'espoir qu'il lui reste, tape à coups réguliers sur la pierre la plus dure, éteint sa lampe pour économiser l'oxygène, fait par la force des choses ce qu'il y a à faire dans une pareille situation... Adam était dans le même cas. Toutefois, il se disait qu'il négligeait une chose, une dernière chose, une sorte de mission à remplir. Il avait beau chercher : il ne trouvait pas laquelle.
Cette impuissance le dépitait. Son temps était compté et lui le laissait s'écouler vainement. Il est des moments où il y a un geste à faire, un mot à dire, une pensée à avoir et où tout autre réaction est inutile. Pourtant, le plus souvent, on reste désarmé. Alors, privées de sens, les choses s'accomplissent dans toute leur nudité et leur horreur.
(dans le désordre habituel de mes pensées) Français, Camerounais, Savoyard, Parisien, Normand. Allez comprendre quelque chose. Avant tout amoureux de "la phrase", j'écris depuis bientôt trente ans et publie depuis 1995 -en revues, sur "la toile" ou encore dans divers concours littéraires- de courts textes dans lesquels je cherche à magnifier les "petits héros" de la vie quotidienne. Ceux qui rêvent...