Marie-France Legas
Flagrant Délit.
Biographies / Témoignages
Une affaire d'Outreau à la belge : mensonges, dénonciations calomnieuses, faux dossiers, harcèlement, manipulations, arrestation arbitraire, violences policières pour ce qui, dans la commune a été qualifié de nouvelle affaire Dutroux, et officieusement de malentendu...
Derrière cela, des faits de pédophilie passés : on cherche à savoir ce que nous savons, mais aussi à nous dissuader d'en parler...
Malheureusement pour nous, contrairement à nos amis Français, qui ont bien de la chance de vivre en Démocratie, la Justice et les autorités belges, dès qu'ils se rendent compte d'une injustice, d'un dysfonctionnement, d'une gaffe ou d'une bavure; plutôt que de tout mettre en oeuvre pour réparer et rendre justice aux victimes, préfèrent réduire à néant ces mêmes victimes.
Pourquoi en effet, composer avec nous et réparer, -en risquant d'écorner certaines réputations policières, politiques et judiciaires- alors qu'ils ont le pouvoir de détruire notre réputation, notre vie, notre avenir et nous-mêmes, en préservant l'image de marque de ceux qui ont commis les fautes?
Pourquoi écorner les réputations de magistrats, de policiers, de politiciens qui se connaissent tous entre-eux, qui se servent les uns des autres, cela simplement pour rendre justice à des gens sans importance comme nous?
Extrait
Le 3 décembre 1998 : tendres poulets…
Sans que rien ne le laisse présager, l’inspecteur Labavure me plonge dessus et me tord le cou de toutes ses forces, j’en ressens une terrible décharge électrique dans toute la colonne vertébrale, dans le cou et dans la tête. Je n’arrive plus à penser. Je ne réalise même pas ce qui m’arrive… Mon cerveau est comme endormi et refuse de fonctionner. La douleur me porte au cœur. Je vois tout rouge, puis tout blanc, puis tout noir et j’ai bien l’impression que je vais tomber en syncope… à moins que je ne vais tout simplement mourir, parce que je me sens tellement faible, exactement comme le jour de la naissance de Séverine lorsque les médecins ont cru que j’allais y passer. Je me raccroche à l’inspecteur Labavure, mais je ne peux pas lui faire de mal, je ne le cherche pas non plus, je me raccroche à sa veste en cuir simplement parce que je n’ai plus la moindre force et je crains de m’évanouir. Se rend-il compte, dans sa folie furieuse que je suis en train de perdre connaissance ? Je n’en sais rien, toujours est-il que voyant que je ne bouge plus du tout, pour me forcer à avancer, il me fait une clé de bras et me tire dans les escaliers jusqu’à une voiture de police banalisée qui attend sur la parking avec deux autres voitures de police, plus celle où se trouve déjà mon mari en compagnie du commissaire Susseptyble, et qui démarre au moment où nous arrivons.
Mon cerveau ne fonctionne que pour me rappeler que les policiers agissent exactement comme mon père… à moins que ce ne soit moi qui sois folle, ainsi qu’il me l’a répété pendant tant d’années ! Oui, je dois être folle, ce n’est pas possible autrement.
A la voiture, un des policiers me cogne la portière de toutes ses forces contre le tibia. J’aurai un double tibia, noir, bleu, rouge, pendant des semaines. L’inspecteur Labavure me pousse dans la voiture où un vieux policier, tout maigre et sec, qui était déjà assis à l’arrière, non seulement, ricane en voyant son collègue me tordre le bras, mais, constatant que j’étais incapable de réagir, me tord le même bras que son collègue, puis me met les menottes, en serrant le plus fort possible. J’ai envie de hurler de mal, le sang ne passe plus dans mes mains, mais je me retiens pour ne pas leur donner cette satisfaction. De toutes manières, ils s’en moquent complètement…
Au commissariat, le commissaire Susseptyble s’aperçoit que je tiens toujours les clés de mon appartement dans ma main droite. Il me demande de les lui donner afin qu’il puisse perquisitionner notre logement (sans mandat). Je tiens debout grâce à mes nerfs ou à une décharge d’adrénaline. Je refuse net. Il ne manque vraiment pas d’air celui-là. Il me tord alors la main de toutes ses forces et finit par réussir à m’arracher mes clés après m’avoir démis le pouce, au point que je suis persuadée que mon doigt lui est resté dans la main !
Le chauffeur de la voiture dans laquelle se trouvaient le commissaire Susseptyble et Stéphane tape alors la tête de mon mari (qui a encore les menottes) contre le bureau, afin qu’il ne puisse pas réagir en voyant le policier me maltraiter, en admettant qu’il aurait pu se débarrasser seul des menottes et plonger sur une demi-douzaine de policiers armés !
Un autre policier enferme mon mari dans une cellule, pendant que le commissaire Susseptyble me demande si je vais me calmer… Me calmer ! Encore une fois, il ne manque pas d’air ! Ce n’est pas moi qui viens de
péter les plombs que je sache, ce n’est pas moi qui viens de commettre une arrestation arbitraire, sans raison et sans mandat, ce n’est pas moi qui viens de faire usage de violence et de frapper une femme…
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Licence : Licence Creative Commons (by-nc-nd)
ISBN : 978-2-35209-055-7
Catégorie : Biographies / Témoignages
483 pages au format 140x225mm (Papier 80g)
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