La moitié de mes élèves venaient des douars voisins. Qu’est-ce qu'ils débordaient d’enthousiasme, mes bambins! Ils devaient faire cinq à six kilomètres à pieds, à travers champs et marécages pour venir s’instruire... Chaque jour, à huit heures, je les voyais arriver, ruisselants, transis, leurs bottes de caoutchouc couvertes de boue.Mais avec la rage d'apprendre dans le cœur ! Croyez-moi, rien n'égalait le sourire et le regard plein d'amour et de respect de ces petits enfants de paysans !