Aurea mediocritas « juste milieu précieux comme l'or » :
La bonne direction dans la vie, Licinius, c'est de ne pas pousser toujours vers la haute mer, c'est aussi de n'aller point, dans une horreur prudente des tempêtes, serrer de trop près le rivage peu sûr.
Quiconque élit la médiocrité(*) toute d'or a la sécurité, qui le garde des laideurs sordides d'un toit délabré, la modération, qui le garde d'un palais sujet à l'envie.
Les vents agitent plus fréquemment le pin immense, les tours élevées croulent d'une chute plus pesante, les éclairs frappent le sommet des monts.
Il espère dans l'adversité, dans la prospérité il redoute le sort contraire, le cœur bien préparé. Jupiter ramène les difformes hiver», c'est lui aussi qui les chasse.
Si le présent est mauvais, il n'est pas dit que l'avenir le sera. Parfois Apollon réveille sur la cithare sa Muse silencieuse, et il ne tend pas toujours son arc.
Dans les moments difficiles, montre-toi courageux et fort : mais tu auras aussi la sagesse de réduire tes voiles trop gonflées par un vent favorable.
Horace, Odes, II, X.
(*) La médiocrité est à prendre ici au sens originel du terme, comme un « état moyen » ou comme un état d’équilibre et en aucun cas comme un « état d’insuffisance ou d’infériorité », sens couramment admis mais issu, en ce qui me concerne, d’une dénaturation du sens premier.